Il est journaliste, bloggeur, consultant expert en digital et réseaux sociaux, pour ne citer que cela. Il fait partie des 50 visages de l’ivoiretech, les acteurs les plus importants du digital en Côte D’Ivoire. Israël Guebo Yoroba, l’éminent homme de media s’est prêté à notre jeu de question/réponse.

Israel Guebo Yoroba

Tcheya : Comment êtes-vous arrivé dans le milieu du digital ?

 Israël Guebo : J’ai failli dire que je suis tombé dans la soupe quand j’étais plus jeune. Mais ce n’est pas totalement vrai. Même si j’ai commencé à toucher mon premier ordinateur en 1998, c’est en 2000 que je découvre internet. Les mails, les moteurs de recherche… Déjà à cette époque, j’avais conscience qu’il y avait une révolution numérique qui allait changer le monde. Et puis de fil en aiguille, j’ouvre mon blog dans les années 2007. Je pense qu’à partir de là, je suis passé d’un simple utilisateur à un ambassadeur de cet outil qu’est le web. J’ai commencé à initier des formations gratuites autour de moi. Et depuis une décennie, ça n’arrête pas. Ici en Côte d’Ivoire, mais également partout en Afrique.

Que représente le digital pour vous aujourd’hui ?

Deux choses. Ou même plusieurs. Le digital est d’abord une source de revenus pour moi. J’en vis. Pour être plus précis, c’est grâce à mes actions sur internet et avec internet que j’ai les opportunités qui s’offrent à moi aujourd’hui. Ensuite, je considère le numérique comme une chance inouïe, une alternative pour les entrepreneurs. Un environnement moins contraignant, qui permet de tester des choses, de se planter, de recommencer sans grands dommages collatéraux. Une occasion de se rendre visible à grande échelle et de (dé)montrer ses compétences, son expérience et son expertise. C’est mon cv et ma carte de visite.
Le digital est aussi un excellent moyen de liberté d’expression. Une alternative aux médias dits traditionnels.

Vous avez été « député junior » à l’assemblée nationale de CIV, pouvez-nous parler de cette expérience ? Qu’avez-vous tiré comme leçons ?

Oui, dans les faits, ce n’est pas vraiment un « député junior ». En réalité, à l’issue d’un concours, j’ai été désigné pour représenter la Côte d’Ivoire au Parlement Francophone des Jeunes. Cela pour un mandat de 2 ans ; de 2003 à 2005. Ce mandat commence lors d’une session commune avec 80 jeunes qui viennent de tout l’espace francophone. L’édition 2003 s’est tenue à Niamey. Sur le thème de la Jeunesse et du développement. J’étais un garçon timide à l’époque. Et cette expérience requérait de s’ouvrir, de débattre, de donner son point de vue, de le défendre. Ça été bénéfique pour moi. Ensuite, (avec ma collègue) j’ai été invité à assister à des sessions du parlement ivoirien. Pour voir et découvrir ce qui s’y fait. Le plus marquant pour moi a été la session plénière sur « la loi d’amnistie ».

On constate que vous avez plusieurs cordes à votre arc : Journaliste, écrivain, consultant digital, professeur, musicien…  Comment gérez-vous votre vie avec ces nombreuses capes ? Quels en sont les avantages et les inconvénients ?

Israël Guebo : Plusieurs cordes à ma guitare j’ai envie de dire (rire !). Plus sérieusement, je suis un hyper actif. J’aime bouger. J’ai un cerveau qui tourne presque 24 heures sur 24. Même quand je suis endormi. Une idée nouvelle, une idée à parfaire, un projet à peaufiner…

Israel Guebo Yoroba Musicien

Ça peut donner l’impression que je fais beaucoup de choses en même temps. Ce qui n’est pas toujours vrai. Je fais plusieurs activités, c’est vrai mais à des moments précis. Par exemple, mon dernier livre est sorti en 2016, je ne travaille plus vraiment comme journaliste (même si je coach certains médias. A ranger dans la case du consultant). Je ne donne plus de cours dans les écoles. J’anime de temps à autre des formations ou des ateliers, oui c’est vrai. Ce que j’essaie de dire c’est que j’ai eu plusieurs vies à des moments précis. Et les effets de ses actions continuent de m’accompagner chaque jour. Mais finalement, je travaille avec des personnes superbes à qui il est facile de déléguer. Du coup, les projets ne meurent pas. Aujourd’hui, je me consacre à deux choses : ma vie de consultant et mon association Génération Innovante.

Comment percevez-vous le digital en CIV ? Maîtrisons-nous cet outil ? Si non que pensez-vous qu’on devrait faire pour en tirer des bénéfices ?

La Côte d’Ivoire est l’un des pays francophones les plus dynamiques en Afrique en terme de digital et de son utilisation. Et cela, malgré le fait que les conditions ne soient pas optimales. Il y a de nombreux jeunes qui maîtrisent cet outil. Malheureusement, il y a une grande partie qui le découvre sans en connaître les risques. Et parfois on arrive à des dérives. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est beaucoup de sensibilisation et de formation. C’est là où je pense que l’Etat doit faire sa part et venir en appui aux projets initiés par de simples citoyens. Je rêve d’un cours sur « l’éducation au numérique » dans les écoles. Cela va bien au-delà de l’informatique, c’est toute l’éthique qui accompagne les nouveaux médias qu’on doit apprendre dès le jeune âge aux plus petits.

Je rêve d’émission à la télévision, à la radio, à des conférences publiques dans chaque ville de la Côte d’Ivoire sur l’éducation aux nouveaux médias et au digital de façon générale. Il y a des personnes qui sont prêtes à s’y engager. Il faut créer des conditions favorables.

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